Les deux premiers épisodes de Vincenzo posent les bases d’un drama coréen drôle, énergique et haut de gamme. Avis à chaud.

L’attente a été longue. Song Joong Ki est enfin de retour, et pas de n’importe quelle manière : il réapparaît dans un rôle qui semble avoir été taillé sur mesure pour lui, comme les superbes costumes qu’il arbore à chaque plan. Vincenzo Cassano est un personnage cool, à la fois classe, drôle et imprévisible. En l’espace de deux épisodes seulement, la série TV Vincenzo prouve cependant qu’elle est loin de se résumer à un simple exercice de style. La réalisation impeccable de Park Hee Won est mise au service d’un scénario original et prometteur, tandis que le montage rythmé nous immerge immédiatement dans l’action. Le drama s’annonce sous les meilleurs augures.

Vincenzo Cassano à l’assault de Séoul

Né sous le nom de Park Joo Hyeong, Vincenzo Cassano (Song Joong Ki) est un avocat travaillant en tant que consigliere auprès de la mafia italienne. Le jour où son père adoptif, le parrain Cassano, passe l’arme à gauche, il décide de fuir vers la Corée du Sud pour échapper à la guerre des clans qui se prépare. Il a aussi pour projet de récupérer l’or de l’un de ses clients, qu’il a fait enfouir sous un vieil immeuble à Séoul. Décidé à virer les habitants, il s’installe sur place sans état d’âme. Ses plans sont malmenés lorsqu’il fait la connaissance de Hong Cha Young (Jeon Yeo Bin), une avocate arriviste, de son père Hong Yu Chan (Yoo Jae Myung) et de son assistant Jang Joon Woo (Ok Taecyeon).

Les premières minutes du drama Vincenzo donnent le ton. Un homme contemple un immeuble en train de s’effondrer dans un décor nocturne. Quelques instants plus tard, un flash-back nous le présente défiant des caïds de la mafia avec un flegme tout européen, alignant les punch lines en langue italienne tout en se réjouissant intérieurement des pièges savants qu’il a préparés à l’avance. C’est donc avec panache que nous est introduit Vincenzo Cassano, le héros de l’un des dramas événements de l’année 2021, diffusé depuis le 20 février sur la chaîne tvN.

Song Joong Ki, la classe et l’humour

La surprise procurée par ces deux premiers épisodes de Vincenzo vient cependant de la manière dont le scénario met brutalement à mal nos certitudes sur le personnage. Arrivé en Corée du Sud, notre homme n’a en effet plus rien du héros stylé et invincible décrit plus haut. Etranger en son propre pays, il se fait arnaquer par le premier venu et se retrouve obligé de côtoyer des Coréens moyens dans une sorte de boui-boui infâme, lui qui ne fréquentait que les palaces.

Song Joong Ki, qui fait un comeback attendu un an et demi après Arthdal Chronicles, prête ses traits délicats à ce héros peu conventionnel avec un sens de l’auto-dérision hautement appréciable. Avocat aux méthodes peu orthodoxes lorsqu’il s’agit de traiter avec des chefs de gang, Vincenzo Cassano a aussi pour particularité d’être particulièrement soupe au lait, un trait de caractère qui permet à l’acteur de nous révéler des talents comiques insoupçonnés.

Les scènes cultes sont ainsi déjà au rendez-vous, entre la scène de la première douche de Vincenzo dans son nouvel appartement, qui ne s’achève pas tout à fait comme elle a commencé, et la manière radicale dont l’avocat italien règle le problème de l’intrusion d’un gang dans l’immeuble.

Scénario et réalisation au top

Le personnage est servi par un scénario très original signé Park Jae Beom, l’homme derrière Chief Kim et The Fiery Priest, qui joue la carte de l’espièglerie sans sombrer dans la farce nonsensique. La série vient à peine de commencer que l’on commence déjà à s’attacher à la galerie de personnages gravitant autour de Vincenzo Cassano, une réussite que l’on doit en premier lieu à la verve du scénariste.

Cette qualité d’écriture est servie par l’énergie des acteurs secondaires, notamment ceux qui campent les habitants de l’immeuble sur lequel Vincenzo a jeté son dévolu. Parmi ceux-ci, on retrouve l’excellent Yoo Jae Myung, vu récemment en méchant dans Itaewon Class, et qui joue ici un avocat intègre mais peu conciliant. L’actrice Kim Yeo Jin, que nous avons croisée l’année dernière dans Extracurricular, s’illustre de son côté dans le rôle d’une procureure mercenaire qui devrait perturber plus d’une fois les plans de notre héros.

Navigant habilement entre comédie et action, voire action violente, Vincenzo installe également son ambiance unique grâce au talent remarquable de la réalisatrice Park Hee Won. Cette dernière possède en effet un art de la composition des plans peu commun, comme elle l’avait déjà démontré dans le drama historique The Crowned Clown il y a deux ans. Sa maitrise de la mise en scène et son goût pour les plans larges la placent ainsi dans la catégorie des grands réalisateurs de séries coréennes, de ceux dont les œuvres supportent aisément une projection en salle de cinéma.

Le travail de Park Hee Won est soutenu par un montage efficace qui sait ménager les moments de détente tout en imprimant une vraie énergie aux scènes d’action.

L’incertitude Jeon Yeo Bin

Au milieu de ce démarrage festif, une réserve subsiste cependant en la personne de Jeon Yeo Bin, qui joue Hong Cha Young, l’avocate au sang chaud dont Vincenzo tombera amoureux – si l’on en croit le synopsis publié avant la diffusion de la série.

L’actrice, qui a été révélée en 2019 dans le drama Be Melodramatic, a en effet trop fréquemment tendance à se perdre dans le surjeu avec forces cris et gesticulations. Un travers regrettable puisqu’elle se montre plutôt convaincante dans les scènes sérieuses. Espérons qu’elle parviendra à trouver le ton juste en matière de comédie dans les prochains épisodes.

On attend aussi de découvrir le personnage de Kwak Dong Yeon (It’s Okay To Not Be Okay), qui nous est présenté comme un jeune PDG arrogant à la morale douteuse, ainsi que la contribution de Ok Taecyeon (Save Me), qui joue l’assistant de Hong Cha Young.

Il est à noter que Vincenzo sera proposé sur Netflix France à l’issue de la diffusion de ses seize épisodes sur tvN.

Caroline Leroy

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